Fin avril, rue du Pavé au Mans, en pleine zone de travaux, nous avons démonté un ginkgo devenu impossible à garder : planté dans une bande de terre étroite, entre deux propriétés, il surplombait la toiture du voisin. Tout s’est fait à la main, morceau par morceau, dans un espace grand comme un couloir. Le plus dur, sur ce chantier, n’était pas de couper l’arbre : c’était d’accepter de couper un bel arbre en bonne santé, mal placé dès le départ.
Un chantier de centre-ville, tout porté à la main
Rue du Pavé, ce jour-là, la rue était en travaux, comme les semaines d’avant et d’après. Autant dire qu’on savait qu’on serait un peu à l’étroit. Heureusement, on est équipés pour la ville : quand le camion ne peut pas s’approcher, tout se porte à l’épaule. Nos sacs porte-outils de la marque Courant, ces grands sacs-magasins qui s’ouvrent en grand sur le harnais, les cordes et les mousquetons, la tronçonneuse à la main, et on entre à pied.
La maison, une petite bâtisse de charme louée en meublé de tourisme, avait été bâchée par les propriétaires pour ne rien abîmer. Une précaution touchante, mais on n’avait pas encore fait connaissance : laisser un chantier propre, c’est notre base, pas une option.
Restreint et contraint : le vrai nom du chantier
Pour ne pas la nommer, la prestation, c’était un démontage de sécurité en milieu restreint et contraint. Restreint par l’espace : l’arbre était au fond d’un boyau étroit, sur une petite bande de terre où beaucoup de choses avaient été entassées, un vrai no man’s land entre deux terrains. Contraint par la sécurité : le voisinage tout autour, la toiture juste dessous, les fils qui traînent.
Kelian, en tête dans l’arbre, a fait un travail d’orfèvre : descendre le ginkgo par petits morceaux, branche après branche, sans jamais rien lâcher au hasard. On a lu les conditions du jour, dont une utile : le vent poussait dans le bon sens. On s’en est servi comme d’un tirant naturel : une charnière directionnelle, un éhoupage propre, et la cime est venue au sol pile où on la voulait. Restait le fût, descendu tronçon par tronçon.

Le bois rendu, rangé à notre façon
Pour une fois qu’on n’avait rien à évacuer : on a convaincu les propriétaires de garder tout le bois. Le papa de la propriétaire devait venir le récupérer, et il était ravi, entre le barbecue et le bois de chauffe. J’ai moi-même retravaillé les billons pour qu’il puisse les charger sans peiner.
Et là, un petit détail qui est notre signature : on range toujours les talons de branches dans le même sens, pour que le bois se reprenne et se transporte facilement. Ça ne se voit pas au premier coup d’œil, mais celui qui manipule le tas après nous, lui, le sent tout de suite.

Ce qui a vraiment emporté la décision de la cliente
Au-delà du prix et du geste technique, il y a eu un déclencheur : on a su s’adapter à ses horaires. Les propriétaires sont des professionnels qui reçoivent du monde ; il a fallu jouer finement dans le planning pour les caser. En centre-ville du Mans, on monte un gros setup matériel qu’on cherche à rentabiliser sur une journée entière, pour enchaîner plusieurs chantiers avec le bon équipement sans avoir à tout remballer au dépôt. Trouver la fenêtre qui arrange le client dans cette contrainte-là, c’est une partie du métier qu’on ne voit pas, et c’est souvent ce qui fait signer.
Côté prix, justement, un repère pour vous situer : un abattage démarre à 269 € chez nous. Un démontage en milieu restreint comme celui-ci se chiffre sur place, à la visite, parce que c’est l’accès qui fait le prix, bien plus que l’arbre lui-même : nos tarifs, expliqués poste par poste.
Pourquoi couper un arbre en pleine santé
Une particularité, ici : l’arbre était un ginkgo biloba, l’« arbre aux quarante écus », superbe et quasi vénéré au Japon, où on en plante près des temples ; c’est même l’un des rares à avoir survécu à Hiroshima. Mon fils est fan du Japon, et moi aussi sur les bords, alors oui, on a un peu mal au cœur de mettre la main sur un arbre pareil. Mais il était planté au pire endroit, coincé entre deux maisons, à déborder chez le voisin.
Mon avis, en une phrase : un arbre grandit quoi qu’il arrive, peu importe où on l’a mis ; quand l’emplacement est mauvais, le démonter tôt vaut toujours mieux que trop tard. Attendre, c’est reculer pour mieux sauter, avec un arbre chaque année plus gros et plus risqué. Le vrai problème n’est presque jamais l’arbre : c’est le choix de l’endroit, le jour où on l’a planté.
À retenir. Un bel arbre sain mais mal placé, qui déborde chez le voisin ou menace une toiture, finira par devoir être démonté. Le faire tôt, proprement, morceau par morceau, coûte moins et risque moins que d’attendre qu’il devienne un danger. Et en ville, un bon élagueur travaille à la main, sans rien casser autour.
Vos questions sur les arbres en ville et en limite de propriété
Un arbre de mon voisin déborde chez moi : puis-je couper les branches ? Non, pas vous-même : la loi (article 673 du Code civil) réserve la coupe des branches qui surplombent au propriétaire de l’arbre. Vous pouvez en revanche exiger qu’il les fasse tailler. Seules les racines ou ronces qui avancent chez vous peuvent être coupées par vos soins, à la limite exacte. Nous, sur ce genre de dossier, on se retrouve souvent entre l’enclume et le marteau, entre deux voisins qui ne s’entendent pas toujours : notre rôle, c’est de faire le travail proprement et de rester la carte de la raison entre les deux. Le mieux reste presque toujours de faire intervenir un pro d’un commun accord.
Faut-il une autorisation pour abattre un arbre chez soi, en ville ? Ça dépend de votre commune. Beaucoup de villes protègent certains arbres via le Plan local d’urbanisme (espace boisé classé, arbre remarquable) et exigent alors une déclaration préalable avant tout abattage. Le réflexe : un coup de fil à la mairie avant de couper. Sur nos chantiers, on gère ces démarches de bout en bout, pour que vous n’ayez pas de mauvaise surprise.
Faut-il vraiment abattre un arbre en bonne santé s’il est juste mal placé ? Souvent, oui, si l’emplacement met en jeu la sécurité (toiture, voisinage, réseaux) et qu’aucune taille raisonnée ne suffit plus. Un arbre ne cesse pas de grossir parce qu’il est mal situé. Notre rôle, c’est de vous le dire honnêtement : quand c’est jouable, on préserve ; quand ça ne l’est plus, mieux vaut agir tôt et proprement.
Un arbre vous encombre, au Mans ou ailleurs en Sarthe ?
La visite et le devis sont gratuits : 02 43 78 18 67, ou passez par notre formulaire de contact.
Jonathan, élagueur en Sarthe depuis 2009. Qui sommes-nous ?
Sources : droits et devoirs entre voisins, Code civil art. 671 à 673 (Légifrance) ; protection des arbres et autorisations d’abattage, Code de l’urbanisme art. L113-1 et L113-2 (service-public.fr).
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